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Prothèse de genou Genium : comprendre son indemnisation après un accident

À la suite d’une amputation au-dessus du genou, le choix de la prothèse détermine pour une large part l’autonomie retrouvée. Les genoux à microprocesseur de dernière génération, comme la gamme Genium d’Ottobock, permettent de marcher sur terrain accidenté, de monter un escalier marche après marche ou de reprendre une activité physique. Leur coût est élevé et l’Assurance Maladie n’en rembourse qu’une faible part. Lorsque l’amputation résulte d’un accident dont un tiers est responsable, le surcoût peut être indemnisé.

Le cabinet LEVERT AVOCATS, établi à Paris et à Dijon, intervient en réparation du dommage corporel aux côtés des personnes blessées.

L’Assurance Maladie prend-elle en charge une prothèse Genium ?

Seulement en partie. L’Assurance Maladie rembourse les dispositifs inscrits sur la Liste des produits et prestations remboursables, dans la limite de tarifs fixés par la réglementation. Les genoux à microprocesseur les plus performants se situent au-delà de ces plafonds ou n’y figurent tout simplement pas.

Concrètement, une prothèse fémorale équipée d’un genou électronique d’entrée de gamme peut être partiellement prise en charge, tandis que les modèles haut de gamme comme le Genium relèvent d’un financement autonome. Ainsi, lorsque l’amputation est la conséquence d’un accident engageant la responsabilité d’un tiers, le coût des prothèses n’a pas vocation à rester à la charge de la victime : il constitue un poste de préjudice indemnisable, à faire valoir auprès de l’assureur du responsable.

Une prothèse, ce n’est pas qu’un genou : effecteur, emboîture, manchon

La page d’un constructeur (Ottobock, Proteor, Lagarrigue) présente la prothèse comme un produit unique, identifié par un nom commercial. La réalité indemnitaire est beaucoup plus précise : l’appareillage qu’une victime amputée porte chaque jour se décompose en trois éléments distincts, qui s’usent et se remplacent à des rythmes très différents. Comprendre cette mécanique est indispensable pour mesurer le coût réel d’une prothèse et pour discuter point par point l’offre adverse.

L’effecteur

C’est le genou lui-même, l’élément électronique qui constitue la valeur la plus visible de l’appareillage. Sa durée de vie est largement calquée sur la durée de garantie offerte par le constructeur. Retenir un renouvellement plus espacé exposerait la victime à des coûts de réparation hors garantie qui, en pratique, ne seraient pas indemnisés et seraient supportés par elle seule.

L’emboîture

C’est la pièce sur-mesure, en carbone le plus souvent, qui assure l’interface entre le moignon et la prothèse. Elle se remplace beaucoup plus fréquemment que l’effecteur, généralement tous les dix-huit mois à deux ans, parce qu’elle suit les évolutions morphologiques du moignon : variations de poids, atrophie musculaire, modifications de la cicatrice.

Le manchon

C’est la chaussette en silicone thermomoulée qui s’intercale entre le moignon et l’emboîture pour limiter les frottements, gérer la transpiration et protéger la peau. Sa durée de vie est courte. Une partie des manchons relève de la LPPR, mais pas toujours en totalité, et certains modèles spécifiques restent intégralement à la charge de la victime.

Qui finance la prothèse lorsque l’amputation résulte d’un accident ?

Lorsqu’un tiers est responsable de l’accident, son assureur doit réparer l’intégralité du préjudice subi par la victime. Ce principe, dit de la réparation intégrale, impose de replacer la personne blessée dans une situation aussi proche que possible de celle qui aurait été la sienne sans l’accident. Si l’état de santé et le mode de vie de la victime justifient médicalement une prothèse à microprocesseur, c’est cet équipement, et non un modèle moins coûteux, qui doit être financé.

L’assureur du responsable verse donc la différence entre le coût réel de l’appareillage adapté et la part déjà prise en charge par les organismes sociaux. La Cour de cassation veille à ce que seules les prestations effectivement versées par l’Assurance Maladie soient déduites de cette indemnité, et non une somme théorique correspondant à un équipement que la victime n’a pas reçu.

Cette articulation entre prise en charge sociale et indemnisation par l’assureur est l’une des principales sources de litige. Elle justifie l’intervention précoce d’un avocat habitué à ces dossiers, qui veille à ce que la totalité du besoin réel soit chiffrée et pris en charge par l’assureur dans le cadre d’un versement en capital et non en rente.

Comment l’indemnisation de l’appareillage est-elle calculée ?

L’indemnisation d’une prothèse ne se limite jamais au prix d’achat d’un seul appareil. Elle relève du poste des dépenses de santé futures de la nomenclature Dintilhac, qui sert de référence à l’évaluation des préjudices corporels. Ce poste couvre l’ensemble des dépenses prévisibles sur toute l’espérance de vie de la victime.

Trois éléments à chiffrer séparément

Le calcul se construit en trois temps. Pour chaque élément de l’appareillage, effecteur, emboîture, manchon, l’évaluateur détermine son coût unitaire, sa durée de renouvellement et la part éventuellement remboursée par la Sécurité sociale. Le reste à charge annuel est ensuite capitalisé à l’aide d’un barème, généralement le barème de la Gazette du Palais, qui tient compte de l’âge de la victime à la date de consolidation. Le total des trois capitaux représente la créance indemnitaire pour la prothèse principale. Les compagnies d’assurance essaient d’imposer leur propre barème capitalisation, le BCRIV, généralement défavorable aux victimes.

Le rôle déterminant du point de départ

La Cour de cassation a rappelé en 2024 que l’indemnité doit être évaluée en fonction des besoins de la victime, déterminés à la date de consolidation, et non au moment où la victime parvient à acheter effectivement sa prothèse. C’est un point juridiquement crucial : l’assureur a souvent intérêt à décaler le point de départ vers la date de signature de l’offre, ce qui réduit mécaniquement la durée de capitalisation et donc le montant.

À quoi ressemble un calcul réel

À titre purement illustratif, pour un homme amputé fémoral autour de la trentaine, équipé d’un Genium à effecteur à renouveler tous les six ans, d’une emboîture à renouveler tous les vingt mois et de trois manchons par an, le capital représentatif sur la durée de vie peut dépasser le million d’euros pour la seule prothèse principale, hors prothèse de secours, hors prothèse de loisirs et hors orthèses associées. Ces ordres de grandeur dépendent fortement de l’âge à la consolidation, du barème de capitalisation retenu et de l’éventuelle réduction du droit à indemnisation. C’est la raison pour laquelle le cabinet ne peut jamais évaluer le montant de l’indemnisation définitivement perçues par ses clients avant d’obtenir le rapport d’expertise définitif.

Pourquoi l’expertise médicale est-elle l’étape décisive ?

L’indemnisation repose presque entièrement sur les conclusions de l’expertise médicale. La juridiction ou la commission alloue ce que l’expert a retenu ; ce qui n’a pas été évalué ne sera pas indemnisé. Lors de cette expertise, l’assureur est représenté par son propre médecin-conseil, dont le rôle est de défendre les intérêts de la compagnie. Il s’attache souvent à démontrer qu’un appareillage moins onéreux suffirait.

Idéalement, la victime se présente à l’expertise accompagnée d’un médecin-conseil de victimes et assistée d’un avocat. La nécessité médicale d’une prothèse à microprocesseur doit être documentée par une prescription précise du médecin de médecine physique et de réadaptation, complétée par les essais comparatifs réalisés en centre. La présence d’un orthoprothésiste-conseil aux côtés de la victime, en miroir de l’orthoprothésiste de l’assureur, permet de chiffrer ligne à ligne le besoin réel : effecteur, emboîture, manchon, prothèse de secours, prothèse de loisirs, orthèses associées.

Il est vivement déconseillé d’accepter une offre d’indemnisation ou de signer un procès-verbal de transaction avant que l’appareillage ait été chiffré de manière complète et indépendante. Une transaction signée trop tôt peut compromettre toute demande ultérieure relative aux prothèses futures.

Un dossier déjà clôturé peut-il être rouvert pour une nouvelle prothèse ?

La question se pose fréquemment lorsqu’une indemnisation ancienne a porté sur un appareillage devenu obsolète au regard des progrès technologiques. Le droit permet de solliciter une nouvelle indemnisation en cas d’aggravation de la situation de la victime. Toutefois, la Cour de cassation a précisé, dans un arrêt de mai 2025, que la seule existence d’un appareillage plus performant sur le marché ne constitue pas, à elle seule, une aggravation du préjudice.

En revanche, lorsque l’état séquellaire évolue défavorablement (modifications du moignon, douleurs neuropathiques nouvelles, lésion controlatérale liée à la surcharge) il existe souvent une voie pour solliciter une expertise complémentaire et obtenir l’indemnisation d’un appareillage plus adapté. Cette analyse au cas par cas suppose la production d’éléments médicaux précis et l’assistance d’un médecin-conseil.

L’accompagnement du cabinet LEVERT AVOCATS

Le cabinet intervient exclusivement aux côtés des personnes blessées, jamais pour les compagnies d’assurance. Cette position, constante, garantit l’absence de conflit d’intérêts.

Maître Thibault LEVERT se déplace dans les centres de rééducation et les établissements de soins sur l’ensemble du territoire. Les honoraires sont déterminés à l’avance, dans une convention écrite, et tiennent compte du résultat obtenu.

Une prothèse Genium est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Le Genium n’est pas inscrit en l’état à la LPPR au tarif de remboursement. Une partie de l’appareillage (notamment certains manchons et l’orthèse) peut faire l’objet d’une prise en charge, mais le coût de la prothèse principale reste largement à la charge du patient, à moins qu’il existe un tiers responsable solvable ou un contrat d’assurance le permettant comme un Contrat Garantie Accident de la Vie.

Les délais varient selon la complexité du dossier, la coopération de l’assureur et le mode de résolution choisi (transaction ou voie judiciaire). Une indemnisation amiable bien préparée peut intervenir en quelques mois après consolidation ; une procédure contentieuse demande généralement plus d’un an. Des provisions peuvent être obtenues en cours de procédure.

Pour les prothèses, la jurisprudence privilégie le versement en capital, qui permet à la victime de financer chaque renouvellement au moment où il intervient et évite l’imposition associée aux rentes viagères dans la plupart des cas d’amputation. Le choix de la modalité relève de l’appréciation souveraine du juge du fond, mais la victime peut en demander le versement en capital et le justifier.

Le refus est rarement frontal : il prend généralement la forme d’une offre limitée à un modèle d’entrée de gamme. La discussion porte alors sur la nécessité médicale d’un appareillage adapté, démontrée par les essais comparatifs réalisés en centre de rééducation et par la prescription du médecin de médecine physique et de réadaptation.